Brigitte de Nolières
                                
Brigitte de Nolières
Extraits du recueil "Réflexions faites" :

La Bourse ou la Vie

C’était une question, posée par les brigands,
Qui voulaient s’emparer de la bourse des gens.
Les riches avaient le choix entre donner leur bourse,
Ou se faire tuer, avant qu’on les détrousse.
Mais de toute façon, ils perdaient leur argent.
Alors, ils remettaient leur bourse à ces truands.

Fatigués de risquer leur vie en voyageant,
L’idée leur vint, alors, de laisser leur argent,
Dans des banques créées par des hommes puissants.
On venait de voir naître un établissement
Chargé par un Etat, de veiller sur l’argent.

Il fallut inventer une « monnaie papier »
Qu’ils remirent en échange, de l’argent déposé.

On vit au fil du temps, prospérer les banquiers,
Qui devinrent les rois de notre société.
Mais ces hommes chargés de surveiller l’argent,
Se métamorphosèrent, en parfaits commerçants.
Ils ne purent accepter que tout cet argent dorme.
L’argent doit travailler pour nourrir d’autres hommes.

Ils inventèrent alors les marchés financiers
Pour aider l’entreprise à se développer.

La Bourse aurait dû représenter la vie,
Mais elle devint vite synonyme, d’envie.
Les hommes de pouvoir voulurent acheter
Leurs concurrents fragiles, pour se développer.
Chaque fois qu’une usine était sacrifiée,
Ils mettaient sur la paille leurs meilleurs ouvriers.

Ils se mangèrent entre eux, pour devenir géant.
Ils n’avaient rien à faire de tous ces braves gens.
Et pourtant, ce sont eux qui font tourner l’usine,
Qu’un mauvais dirigeant peut conduire à la ruine.

Les sacro saintes actions ne sont que du papier
Dont la valeur fluctue à longueur de journée,
Sous les clics inconscients de vrais spéculateurs,
Qui s’amusent, à la Bourse, sur leur ordinateur.

Les géants de la terre qui se croient invincibles,
Peuvent tous devenir géant aux pieds d’argile.
Ils peuvent s’écrouler du jour au lendemain,
Se faire racheter par le géant voisin.

C’est la course au pouvoir entre des hommes riches
Qui veulent dominer et devenir plus riches,
Qui conduit à la ruine, des pays tout entiers.
Et quand on est ruiné, on n’a rien à manger.

La Bourse ou la Vie,
Je trouve l’expression tout à fait adaptée
À ce que nous vivons dans notre société.

15 mai 2009

 
Brigitte de Nolières